LA PEAU DE L’ESPACE

Création 2021

                                                 

©Anne-Laure Lechat

La Peau de l’Espace   /  Yasmine Hugonnet

Pièce nomade

adaptable aux lieux et aux durées

version originale 50 minutes , adaptable de 20 à 50 min

Une forme dansée oratoire

qui expérimente la pensée en mouvement

Création

24 au 28 novembre 2021 – Théâtre de Vidy – Lausanne (CH)

2 et 3 décembre 2021 – Espace Pasolini / Festival Next –  Valenciennes (FR) 

DISTRIBUTION

Conception/chorégraphie/interprétation : Yasmine Hugonnet                  

Collaboration artistique : Michael Nick

Assistante : Stéphanie Bayle

Aide à l’écriture (dossier) : Charlotte Imbault

Création lumières :   Dominique Dardant

Administration : Violaine DuPasquier

Diffusion-production : Jérôme Pique

Production

Arts Mouvementés

Coproduction

Théâtre Vidy-Lausanne (FR) ; Next Arts Festival (FR) ; La place de la danse – CDCN Occitanie (FR)

Soutiens

Pro Helvetia, Loterie romande, Corodis, Fondation Stanley Johnson

La compagnie Arts Mouvementés bénéficie d’un conventionnement conjoint avec le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne.

Prêts de studio / résidences

Shanju Lab ; Théâtre de Sévelin 36 ; Centre Culturel Suisse de Paris; Studio LAB – Ménagerie de Verre (FR) ; Atelier de Paris, CDCN (FR) ; La place de la danse, CDCN Occitanie (FR) ;  La Briqueterie – CDCN Val de Marne (FR) ; Centre National de la Danse Pantin (FR)

CONTACT

Administration:Violaine DuPasquier – administration@yasminehugonnet.com+41 (0)79 220 01 49

Diffusion / Production: Jérôme Pique – Jeromepique.diffusion@gmail.com – +33 (0) 62 223 63 38

La Peau de l’Espace

Quel est ce corps invisible qui nous touche tou·tes ? Qui vibre entre nos peaux? Qui est le support de nos fictions et de nos imaginaires ?

La Peau de l’Espace est un solo qui naît de l’envie de faire sentir, voir et entendre pour les spectateur·ices des pensées motrices qui animent le travail de création.

La Peau de l’Espace met en corps des concepts de présences corporelles. Où commence et où termine la forme en danse ? Qu’est-ce qu’un corps localisé ? Comment matérialiser la gravité ? La proprioception ? Quelles informations s’échangent entre un corps et un public ?

L’articulation de la pensée en mouvement se perçoit. Les mots et le discours s’associent aux mouvements pour venir déplacer le regard et l’attention du public.

Une forme oratoire dansée et poétique

Quelle est notre perception de la forme ? Comment se construit-elle avec nos sens ?

Je travaille depuis plusieurs années sur l’articulation de l’immobilité et du mouvement en même temps, et dans le même corps. Cette manière de composer la danse entre le déploiement et la stabilité invite les spectateur·ices à un jeu avec le visible et l’invisible fait de persistances et de transformations.

La fabrication de la forme

Le mot même de « forme » connaît des idées reçues. Qu’un corps soit animé ou inanimé, mobilisé par sa volonté ou passif, il parle, de toute façon, à l’espace. Au fil des années, mon rapport à la forme a complètement changé. Je pense désormais avec le corps de l’espace. Pour pouvoir tenir un mouvement, je m’appuie sur l’espace énergétique qui m’entoure, je compose nettement dans ma perception l’espace hors de moi qui est touché, vidé ou pénétré. La perception se construit par une conscience créative de comment l’espace est affecté. Tout change si l’on cesse de penser que l’on doit tout faire tout·e seul·e. Nos présences sont en relation avec l’invisible, ou pour le dire autrement l’espace-temps et la mémoire qui nous relie avec les autres vivants.

Pour La Peau de l’Espace, une question fondamentale se met sous le regard du public. Le terme de « forme » est très riche : qu’est-ce qu’on appelle forme dans la danse, comment fabrique-t-on une forme ? Comment la recevoir en tant que spectateur·rice ? Quelle est sa mobilité perceptive ? Comment notre perception forge notre rapport au monde ?

Nous nous intéresserons pour mieux saisir la spécificité de la perception, aux conditions du corps dans des situations spécifiques, notamment hors gravité en écho aux expériences des astronautes : l’état de passivité, de repos, ne siège absolument pas dans les mêmes formes posturales sur terre ou dans l’espace.

Puis également en observant les cas de personnes ayant perdu le sens de la proprioception, et du coup la capacité de localiser leurs propres membres, hormis par la confirmation visuelle.

Les formes dites « passives », c’est-à-dire qui ne sont pas tenue musculairement, nous échappent me semble-t-il ; elles font partie d’une zone proche de la gravité qui nous apparaît dans la composition de notre champ perceptif comme « sans destination. »

La question esthétique de la forme en danse se manifeste de manière très spécifique dans notre difficulté à reconnaître comme forme ces « formes dites passives », et du coup à les mémoriser.

Les fictions anatomiques comme point de départ

Je comprends de plus en plus nettement comment ce que j’appelle « un lieu » ou « une posture » est en fait animé par une fiction anatomique particulière. Dans une posture « x », je ne sens pas seulement une situation physique particulière mais comment elle redistribue de nouveaux rôles à différentes parties de mon corps. Certaines changent de taille, d’autres s’intensifient par exemple, et ainsi se modifie mon schéma corporel. Ces modifications de sensations modifient la représentation de ce avec quoi je danse. Ces fictions anatomiques semblent être construites non seulement avec le corps mais aussi avec l’espace environnant. La perception de l’espace extérieur est lui aussi altéré et fictionné.

C’est en transmettant la partition du Récital des Postures à un groupe de danseuses que j’ai osé partager les fictions contenues dans l’écriture et que je me suis aperçue de leur importance et de leur évidence.

L’impact de l’espace

En relisant Bachelard, je me suis réjouie de lire en écho ses mots sur la poétique du dedans et du dehors, qui ne peuvent être séparés. Dans le langage parlé, il nous est difficile de ne pas se représenter ses espaces de manière hermétique.

« Dans cette voie de la rêverie d’immensité, le véritable produit c’est la conscience d’agrandissement. […] L’immensité est en nous. Elle est attachée à une sorte d’expansion d’être que la vie réfrène, que la prudence arrête, mais qui reprend dans la solitude. Dès que nous sommes immobiles, nous sommes ailleurs ; nous rêvons dans un monde immense. L’immensité est le mouvement de l’homme immobile. » G. Bachelard, L’immensité intime.

Jouer avec la mémoire d’objets immatériels dans l’espace

Ce qui m’interpelle pour La Peau de l’Espace, c’est le tissage entre les fictions anatomiques et la poésie de l’espace que peuvent percevoir les spectateur·ices.

Les fictions naissent et disparaissent, elles ne constituent pas le squelette de la dramaturgie, mais ce sont des apparitions. Le spectacle n’est pas une histoire, c’est une danse qui voyage avec des apparitions. Ce qui persiste, c’est la relation entre la danseuse et le public qui ensemble entrent en contact avec des imaginaires. Avec ce qui est entre, autour, ce qui relie, le vide, nos peaux en contacts à travers l’air et toutes les fictions qui apparaissent.

La danse fait naître des figures mais aussi des espaces hors du corps ou parfois même des objets invisibles. L’exemple évident est le travail du mime qui nous fait « voir » un objet invisible et qui fait persister la spatialité de cet objet dans la durée. Le mime joue avec des objets souvent assez concrets : une porte, un mur etc. Avec la danse, je cherche à donner à voir des invisibles d’une manière un peu différente. J’aimerais explorer ce que les fictions anatomiques produisent pour le·a spectateur·ice dans l’espace.

Quelle qualité de présence ?

« Se laisser voir en train de sentir, voyager de l’autre à soi » : je souhaite une présence généreuse qui invite à sentir avec délicatesse une pluralité d’états et particulièrement le voyage entre « être avec l’autre » et « entrer dans une fiction ». Peut-être que les deux états peuvent aussi coexister.

Plusieurs de mes pièces s’ouvrent sur une figure : qu’il s’agisse d’un corps debout de profil juste avant une marche ou encore d’un corps affaissé et suspendu juste avant une chute… Pour La Peau de l’Espace, je souhaite laisser l’espace d’un regard adressé, par un sourire et un contact. La fiction n’est pas établie. Elles naîtront et mourront plusieurs fois.

Jusqu’où nous emmènent les neurones-miroir ? Ceux qui nous permettent de projeter les suites potentielles de gestes ? Comment se trame la poésie du geste avec cette relation empathique ?

C’est une pièce pour laquelle je souhaite préserver assez d’ouverture pour être en résonances avec l’actualité intime et collective que nous allons traverser pendant cette année et surtout ouvrir quelques brèches pour inviter les spectateur·ice à expérimenter une empathie participative pendant le spectacle.

Un objet imprimé

Pour tout ce que La Peau de l’Espace active comme recherches, un petit livret sera distribué à la fin de chaque représentation. Un objet imprimé de plusieurs pages que l’on peut conserver chez soi, mais que l’on pourra également retrouver en pdf sur le site de la compagnie, et qui permet en l’ouvrant de faire de nouveau l’expérience de l’espace.

Cette petite édition comprend des dessins, des phrases, des extraits d’entretiens qui ont accompagné la recherche, des ressources ainsi que des dispositifs d’expériences à faire chez soi.

Les langues possibles

La langue originale est le français, mais il peut se concevoir également en anglais. En tournée, nous intégrerons des passages avec des parties possibles en italien ou allemand.

Tisser un lien scénographique spécifique avec chaque lieu

La Peau de l’Espace peut se voir dans un théâtre, un musée, une salle de classe, une bibliothèque… tout lieu qui permette d’organiser un espace dédié à la vision ou de montrer un corps, des mots… La disposition est de préférence bi-frontale ou en arc de cercle.

Dans cet espace de projection, le·a spectateur·ice peut « voir » plusieurs choses : aussi bien les présences de gestes que le vide.

Il n’y a pas de scénographie particulière créée pour ce spectacle. Un travail spécifique se fera en amont et en fonction de la spécificité du lieu qui nous accueille, pour inventer le dispositif scénographique adéquat et tisser le spectacle en relation avec un lieu particulier. 

Sonorisation

Le travail du sonorisateur sera un travail d’accompagnement des sons produits et des textes dits par l’interprète.